SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

SALVADOR  2013

                   
                                     Entrée au Salvador
 

 
                                            Travail archaïque dans les champs   

Pauvreté et saleté extrêmes  seront les maîtres mots sur les deux centaines de kilomètres à parcourir dans ce pays. A priori, comme chez son voisin le Honduras, pas de service de ramassage des ordures sauf dans les centres des grandes villes. Dès lors, à la sortie des villages et le long des routes, ce ne seront qu’immondices en tous genres et les cadavres de bétails ou autres sont éliminés par les urubus, les charognards de service. Maintenant, essayer d’avancer au mieux à travers bétail, charrettes et nids de poules afin de gagner un bivouac sécurisé pour la nuit prochaine si possible proche de la frontière hondurienne. Le repas de midi se composera d’une généreuse salade mixte à bas de riz prise sur le pouce…
… il faut rouler…
…En fin d’après-midi, nous atteignons San Miguel à une bonne cinquantaine de kilomètres du Honduras. Un superbe hôtel de classe international nous ouvre son portail. Deux hommes en armes gardent l’entrée. On nous indique un emplacement de stationnement. Très sécurisé, ceci nous convient mais on sent bien qu’il nous sera difficile de ne payer que le parking. Nuit maintenant tombante, il est exclu de reprendre la route dans une grande ville hondurienne que nous ne connaissons pas et pour laquelle nous n’avons guère d’infos. On se retrouve avec une chambre climatisée, sol en  marbre, écran plasma, internet, piscine et petit déjeuner  compris. Considérant qu’ici, la sécurité absolue n’a pas de prix, pour la première fois nous découcherons et laisserons notre brave Franky sous bonne garde. Du coup, après une journée de route et de tensions un plongeon dans la piscine suivi d’un plat typiquement salvadorien au petit resto de l’hôtel ne peut être que bienfaiteur pour l’équipage.

                      
                                         Hôtel  gardé par deux hommes en armes

 Réveil avant six heures, breakfast à l’international et nous reprenons la route, espérant sortir du Salvador et traverser les cent quatre-vingt kilomètres de cette petite partie du Honduras pour gagner ce soir le Nicaragua. La frontière du Honduras sera la pire de toutes. Agressés de toutes parts par les grappes de tramidors assoiffés de dollars faciles, une désorganisation de l’administration hondurienne, de bureaux miteux en fonctionnaires peu coopératifs en passant par un bureau bizarre fermé à dix heures du matin et un guichet de banque dans une arrière rue aux égouts à l’air libre, deux tramidors plus gluants que les autres vont réussir à se faire croire indispensables et ainsi ne plus nous lâcher jusqu’à la sortie. A tort ou à raison, moyennant quelques billets verts, nous échappons à la « fumigation » du véhicule acceptés par deux flics ripoux de connivence qui réclament eux aussi cinq dollars. Je comprends vite qu’insister lourdement à réclamer un reçu n’est pas de mise. Par contre je saisis parfaitement clins d’œil et poignées de mains convenues avec nos deux tramidors. Tension extrême en larguant nos deux oiseaux qui étaient encore à bord à un kilomètre passé la frontière. Mêlés aux liasses de photocopies distribuées de droite de gauche, nos documents originaux étaient-ils bien encore tous en notre possession ?...
…vérification rigoureuse puis on se lance à travers la misère d’un des pays les plus corrompus d’Amérique centrale…
…En conclusion, cet épisode ne laissera guère de place pour l’amour que ce peuple aurait surement besoin. Même cinéma que la veille entre nids de poules bétail et charrettes, nous roulons au mieux en direction du Nicaragua distant d’environ cent cinquante kilomètres. Bonne dose d’adrénaline car, qui plus est, sans assurance, on trouvera que la conduite des autochtones flaire un peu le far-West du siècle passé ! Courant d’après-midi, la tension retombe suite à l’accueil bienveillant des douaniers nicaraguayens. Quelques mots de bienvenue, courtoisie et formalités assez simples suivies d’un contrat d’assurance pour un mois renouvelable, déjà on ressent meilleure ambiance dans ce pays aujourd’hui bien sécurisé et qui est en passe de se sortir de ses années noires de  guerres civiles ininterrompues depuis des décennies. L’idée ne viendrait elle pas de son voisin le Costa Rica qui aujourd’hui sans armée a su exploiter son formidable potentiel touristique international en  version vert écolo ?
    HONDURAS 2013

                                           
NICARAGUA  2013

                  
                                  Frontières du Honduras et du Nicaragua

                Encore une bonne centaine de kilomètres et nous retrouvons nos amis bisontins au « club Campestre » qui accepte le stationnement des camping-cars et autre caravanes de passage à l’entrée d’Estelí moyenne bourgade aisée grâce à la culture du tabac. Dès lors, décompression et détente dans un cadre agréable et sécuritaire. En ville, un pickup, mi taxi mi bétaillère nous conduit à une fabrique de cigare pour une visite fort intéressante.
Anecdote…
…au retour du soir, la planche servant de banc dans notre pseudo taxi cassera tout net sous le poids des occupants !

 
 
 

 
                                                                Fabrique de cigares au Nicaragua   
 
 Le lendemain, on se groupe pour négocier l’exploration du canyon de Somoto. Transport en véhicule 4X4, chauffeur, plusieurs guides, matériel et repas sont compris dans la prestation. Le tout pour un prix sans commune mesure avec nos pays occidentaux. Impraticable à la saison des pluies, aujourd’hui, le torrent reste bien tranquille.

 

  


                                              Le canyon de Somoto          

 Déposés au pied des falaises, petite marche d’une demi-heure avec franchissement de quelques gués, petite rando gentille un peu de rocaille puis au rétréci, c’est à la nage avec chambres à air de camion qu’il  nous faut progresser. Plusieurs guides seront aux plus petits soins auprès de Françoise, Orlane ainsi que les enfants. Peu d’eau dans les rapides, aucun passage trop épique à signaler. Un très gros rocher tombé dans la partie la plus étroite barre le passage et ainsi marque le terme de l’expédition. Sans matériels appropriés, les trois guides vont néanmoins s’acharner à nous aider à escalader une partie de la paroi pour atteindre une plateforme et ainsi permettre aux enfants de sauter dans la grande vasque d’eau claire. Genou et cervicales rappellent à Françoise qu’il serait préférable de rester faire la causette avec le quatrième guide sur la grève voisine. Le retour restera une bonne partie de plaisir. De ci de là, nous observerons quelques pieds d’orchidacées mais toujours sans fleurs. Sommes-nous voués à traverser la planète d’année en année à la mauvaise saison pour l’observation de ces merveilleuses filles de l’air ? Arrivés au parking, sous le préau de la modeste demeure de Juan, guide principal, son épouse nous reçoit et s’applique à nous servir un repas local apprécié de tous. Tous deux nous font découvrir leur modeste cadre de vie. Quelques cochons, dindons, canards et poules divaguent et procurent ainsi une bonne source d’approvisionnement à la petite famille. Il va sans dire que cuisine et sanitaires restent plutôt « moyenâgeux ». Le chauffeur du 4X4 nous attendait à l’ombre. Il va jusqu’à s’enquérir de savoir si le reflet du soleil sur son pare-brise ne nous gênait pas au cours du repas ! Difficile de trouver équipe plus précautionneuse, alors merci au peuple nicaraguayen pour autant d’attention, vous méritez de réussir la métamorphose de votre beau pays.
Le parc national du volcan de Masaya était le prochain but. Autorisés à stationner dans le parc la nuit, toujours accompagné d’un militaire en armes, nous passons une nuit tranquille. Au matin, une petite route goudronnée mène à un parking au ras du cratère. Par facilité, nous embarquons à bord du véhicule de David et Orlane. A noter qu’il est bien précisé de se garer dans le sens de la sortie…
… ?
… tu comprends vite que c’est pour  déguerpir le plus rapidement possible en cas d’éruption subite!...
… Pas très rassurant d’autant plus que des casques nous sont fournis et que des photos soulignent bien  que le toit de l’abri  voisin est partiellement défoncé par la chute des dernières pierres éjectées du volcan.
Impressionnant, le centre vertigineux du cratère n’éjecte pour l’heure que d’abondantes fumeroles dissimulant ainsi la profondeur du gouffre. Faisant confiance à notre bonne étoile, petites balade sur le sentier, quelques photos et on tourne les talons avant que l’ogre ne se fâche.
 
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