SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

Suite OUEST AMERICAIN 

LAS VEGAS,  VALLEE DE LA MORT,  BODIE village fantôme,  LES SEQUOIAS GEANTS, SAN FRANCISCO, RETOUR VANCOUVER.
         En une ou deux bordées, Las Vegas devrait s’élever sur l’horizon. Juste un crochet par l’Arizona puis le désert du Nevada nous confirment l’omniprésence d’immenses déserts hostiles. Pierraille et rare végétation, yuccas, épineux et broussailles coriaces forment le comité d’accueil. A l’approche de la ville, la circulation s’intensifie, les autoponts superposés te rappellent à la réalité d’une citée unique. Sillonnant le strip, l’artère principale où se trouvent l’essentiel des casinos, nous nous rendons vite compte que ce sera plutôt en arrière de ceux-ci que nous trouverons un stationnement pour Franky. Première à droite après le casino de Paris et sa tour Eiffel, un immense parking libre à tous nous conviendra parfaitement. Situé à cent mètres du centre, accompagné par d’autres, que demander de mieux ? Il est fin d’après midi, voyons donc à quoi ressemble ce mythique endroit.
            



  

                                                                                  La folie de Las Vegas   
D’emblée, décibels publicitaires, enseignes lumineuses monumentales et quelques millions de néons plantent le décor…
…Déjà, ou tu aimes ou tu n’aimes pas…
…En dix minutes, j’ai vite compris que ce ne serait pas vraiment « mon truc », même si à chaque entrée une jeune femme en tenue pour le moins sexy t’offre sourire de convenance et tickets de réduction. Le lendemain, nous arpenterons ces kilomètres de casinos plus tapageurs l’un que l’autre. Nous retiendrons néanmoins la recherche d’architecture de chacun en passant par un faux Athènes, un faux Rome, un faux New York, un faux Paris et un faux Venise. Si ce dernier mérite reconnaissance pour la vraisemblance et la qualité de sa réalisation, les autres à mon sens seront mieux retenus par les nuages de japonais et chinois qui ne connaissent Athènes, Rome et Paris que sur des livres d’images. Les intérieurs regorgent de boutiques de luxe aux mêmes enseignes prestigieuses qu’à Paris, Monaco, Barcelone et je suppose Hong-Kong ou Melbourne. Françoise parcoure et Jacky, fait poliment bonne figure… Sinon, entrés dans le casino « Paris », il sera curieux de flâner dans la reconstitution grandiose de quartiers de la capitale aux rues emblématiques, bistrots, boulangerie et station du métropolitain, rien n’y manque. Un faux ciel bleu, pommelé coiffe l’ensemble. Néons et usines de climatisation, lacs et cascades artificielles extérieures essaient de te faire oublier que Las Vegas se dresse en plein désert du Nevada. Autant dire une monstruosité écologique, à mes yeux, une hérésie…
…Merci d’y réfléchir…
Ville du vice, certes, mais pas de tous, prostitution interdite est il dit. Sauf que, des nuées de petits pakistanais ou autres asiatiques peu reluisants te harcellent tout les cent mètres, distribuant à tout va des milliers de petites images pas très pieuses assorties des numéros de téléphone des charmantes créatures présentées. Quatre vingt dix pour cent se retrouvent ainsi abandonnées sur le sol en recto ou verso. Je trouverai le béton moins laid !
        
                          C’est aussi Las Vegas   
Plutôt allergique, les milliers de machines à sous ne nous prélèveront que quelques rares dollars. Mon premier billet de cinq dura dix seconde ! Dés lors, nous nous contenterons de remettre chacun la mise dans des machine autorisant des parties à… un centime, l’issue finale reste la même sauf que la torture est plus lente ! Tu comprends vite au regard des milliards de dollars investis qu’il est obligé que ce soit toujours les casinos qui gagnent…
…Dés lors, pas fanatique d’amertume, reprenons la route pour les grands espaces.
         Californie           
                Quelques heures d’autoroute nous conduisent en Californie puis c’est une voie secondaire entre reliefs austères, pierraille et poussière chaude. Non sans une petite dose d’appréhension, un peu seuls, nous roulons vers Shoshone le dernier lieu habité avant le sud des immenses territoires de la « Death Valley », la Vallée de la Mort. Au détour d’une station service d’un autre âge où la dernière voiture à dû mourir de soif accompagné du camion de pompier voisin, un vague terrain de camping nous permet de refaire de l’eau. Dubitatif devant les conduites d’eau isolées avec soins, je déclare au responsable :
__ Tiens… il gèle en hiver ici ?
__ Oh non, c’est pour le soleil…
__ Le soleil ?
__ Oui… bien sûr… en plein été, sous l’effet de la chaleur, les canalisations en plastique ramollissent et des fuites se produisent régulièrement…
… Là, tu te demandes si t’as bien entendu. C’est pourtant bien la vérité…!  
 
 
                                 Dans le désert du Nevada   
 …Vallée de la Mort…
… Le nom à lui seul te donne froid dans le dos.

         
           
                                                                         
Tu as dit… Vallée de la Mort ?
 
Univers lunaire sur trois cent soixante degrés, record de température 57° à l’ombre, sauf qu’il n’y a pas d’ombre ! Chance, nous sommes en octobre et le maximum à cette époque n’est que de 47° ! Lors de notre première halte photo nous fait ressentir ce vent brulant du sud qui balaye cette vallée maudite. Nous remarquerons d’ailleurs à plusieurs reprises des citernes d’eau (non potable) destinées à compléter les radiateurs des voitures qui ne manquent pas de chauffer au-delà de leurs limites dans certains reliefs.
   
Réserve d’eau pour radiateur de voitures    
Bref arrêt à Bad water, altitude : quatre vingt six mètres sous le niveau de la mer ! En fait, en quelques millions d’années, un lac salé recouvrait toute la vallée, évaporé, aujourd’hui tu te balades sur une immense mer de sel. Ne subsistent que quelques ridicules trous d’eau saturée en sel où, néanmoins survivent crevettes primaires et bactéries singulières.
                     

     

                 86 mètres sous le niveau de la mer, ne reste plus que… le sel.
Furnace Creek, vague point d’eau, te fait oublier le désarroi des premiers pionniers disparus ici avec mules, chevaux et charriots. Un « visiteur center » moderne voisine avec un ou deux espaces écrasés de chaleur baptisés… campings. Au bureau d’accueil climatisé, tu retrouves d’un coup la technologie du XXIème siècle. Classé parc national, une hôtesse nous attribue un emplacement pour deux nuits, précisant l’absence d’eau et d’électricité. Comble de l’ironie, pour ne pas dire de la connerie, nous découvrirons à courte distance en arrière des fourrés d’épineux une palmeraie (aux dattes délicieuses) et… Un terrain golf au gazon anémique entretenu à grand frais par une eau détournée de je ne sais où. Nous trouverons l’idée d’un goût douteux.  
                En matinée du lendemain, évitant au mieux les heures chaudes, nous entamons une rando de quelques heures dans le Golden Canyon où nous retrouvons une absolue solitude dans un environnement hostile sans aucune végétation, pas même un embryon de cactus ni le moindre lichen. Nous progressons ainsi vers le fond plus escarpé du canyon qui se rétrécit progressivement pour se clore au pied d’une falaise de roche pourpre d’une centaine de mètres. Au retour, le soleil déjà haut nous invite à rechercher les passages d’ombre des parois les plus abruptes. Chapeaux et bouteilles d’eau sont vivement recommandés pour se balader dans ce secteur.

 
               

                  

 
                        
Trek dans la vallée de la mort     
                 
 
              200% de minéral
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