SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue


                                 01 Janvier 2013 à Celestun

Pour l’heure et malgré l’isolement, il va sans dire qu’il nous faut souligner cette soirée de fin d’année. Ce n’est pas à Celestun qu’il faut compter trouver un resto en ville version réveillon. La maîtresse de maison, prévoyante, nous concoctera quelques toasts au saumon fumé et faux foie gras, petite assiette de la mer façon Chatka (venu dans les valises) un canard aux pêches, (une pure merveille), fromage de chèvre et gâteau chocolat le tout escorté d’un excellant champagne rosé californien.
Au matin, pas étonné, notre homme nous annonce que notre guide à fait la fête plus que de raison et n’est pas en mesure de trouver les flamands. Il nous conduit chez des amis à lui, mais personne n’est très frais. Seul l’organisme officiel responsable de la réserve est en mesure de nous conduire, sauf que, faute de remplir sa lancha à moteur, il nous en couterait 1200 pesos. Nous déclinons et remettons au lendemain. La journée se passera à se balader le matin au port et l’après-midi à la plage publique. Le bar d’un petit hôtel nous fournira une connexion internet. Le lendemain, dégazé, notre pêcheur vient nous chercher comme convenu…
… Tu observeras l’image des taxis de Celestun version tuck-tuck asiatique. Celui-ci nous mène à travers salins et marais et poursuivons à pieds jusqu’à un embarcadère rudimentaire en compagnie d’un couple autrichien. C’est à bord d’une sorte de canoë double recoupé que nous approcherons au plus près ces nuées d’innombrables flamands. Bien moins farouches que chez nous, leurs couleurs sont d’un flamboyant rare, on se félicitera de cette observation.
 


                                Les flamands dans la lagune
  Reprise d’une route sans grand intérêt le lendemain en direction d’Uxmal, l’un des sites Maya les plus reconnu du Yucatan. Un parking sur le site même face à un magnifique hôtel noyé dans la forêt nous convient parfaitement. A l’entrée, tu es subjugué par cette pyramide du Devin en parfait état de conservation. L’ensemble du site est gigantesque, ainsi, nombre d’éléments ne sont pas encore dégagés de leur gangue de végétation. Construite entre le VIIème et Xème siècle de notre ère, cette cité très organisée aurait compté plus de 20 000 habitants, c’est dire son importance. L’après-midi va nous voir déambuler parmi tous ces vestiges.


 
                                                      Uxmal

 Le soir, retour sur place pour un son et lumière fort bien fait. Seul regret, devant la queue pour obtenir un audiophone multilingue, nous avons à tort négligé et rien compris dans les commentaires diffusés. Le terrain vallonné de l’endroit permet ainsi de voir nombre de monuments éclairés, nous avons trouvé ce spectacle grandiose. Petit frisson assuré lorsque, trépied et boitier installés dans une anfractuosité d’un bâtiment, dérangées plusieurs chauves-souris ont trouvé mes manches de chemises avenantes. Effet glacial garanti. Au final, une averse chaude se déversa sur la foule après les incantations diffusées par les baffles, un peu comme si les dieux étaient bien à l’écoute. N’oublions pas que soleil, eau, terre et feu reviennent souvent dans les cérémonies Maya.


  
 
             Son et lumière à Uxmal

                Une route secondaire nous amène à Campêche, ville côtière du golfe du Mexique au passé glorieux classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Entré en ville par cette petite route, on s’embrouille un peu pour trouver le camping le plus proche de la cité.
 

 
                                         Sur la route

 
                                                             La piscine de Campêche 
Nous décidons de poursuivre jusqu’à un autre camping au sud que l’on nous a décrit comme étant au standard américain. Embranchement routier peint en blanc, immense portail blindé, mais comment on entre ? Bref coup de klaxon, un petit homme rustique s’approche et n’a que de parole pour le prix. « 350 pesos pour la noche ». Impossible de lui tirer quelque chose d’autre. L’immense porte entrouverte une route nous conduit sur un kilomètre vers le rivage. Passé un green, plusieurs tennis, un club-house dément voisin d’une piscine en arrière, les emplacements à l’américaine s’alignent comme à la parade. Effectivement, c’est du grandiose plutôt inhabituel pour le pays. Nous n’avons pas croisé cela depuis la frontière US. Installés vers 17 heures, nous marchons quelques pas à la découverte du lieu. Hall d’entrée du club gigantesque tout en cintre aux marbres étincelants. Sont alignés une vingtaine de très grands cadres  supposés être les miss camping successives en style très XXème, manque juste Madame de Fontenay ! Vient, après deux sculptures monumentales puis, le salon, trente mètres sur trente, autant dire mille mètres carré. Coin télé moquetté profond, écran plat deux mètre cinquante, meublé haut de gamme, quatre ou cinq billards autant de babyfoots et jeux divers puis enfin une vingtaine de tables en arrière d’une immense baie vitrée face mer. Nous poursuivrons par la terrasse pour accéder à la piscine à débordement, à l’échelle du lieu et enfin sur la plage d’innombrables « paillottes »irréprochables  entre mer et relief  avec transats, tables chaises et barbecues à disposition. Un mini port est aussi construit. Quel choc culturel après deux saisons passées dans les profondeurs du Mexique authentique.
Nous trouverons rapidement que néanmoins, il manque quelque chose…
…le soleil est absent ce soir…
…mais non, ce n’est pas ça…
…la seule chose…
…nous sommes absolument seuls !...
…aucun client, pas âme qui vive dans toute cette débauche de luxe et de standing. Seulement deux vieilles caravanes, un camping-car en hivernage et quelques personnels d’entretien et de surveillance  contents d’avoir enfin des visiteurs pour justifier leur travail. L’hiver est normalement la pleine saison ici où, canadiens et américains du nord venaient en nombre passer plusieurs mois à bord de leurs motor-homes géants. Dénoncé à outrance par les médias pour son trafic de drogue et sa corruption, ces clients potentiels sont absents depuis plusieurs années et leurs retours ne sont pas annoncés. Nous prenons presque pitié pour ces mexicains adorables qui ne savent que faire pour nous satisfaire.
 
                                  Toujours à Campéche, un peu plus modeste

          
                                                           Rencontre