SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

SUITE 2011

SUITE OUEST AMERICAIN MONUMENT VALLEE  Rte 66 MEMPHIS

Notre route flirtant avec la limite de la réserve Navajo, nous y entrons à nouveau pour rejoindre Monument Valley, site mythique s’il en est de l’Ouest américain. En un siècle de cinéma, un nombre incalculable de Western entre autres signés John Ford accompagné de son ami John Wayne dans les années cinquante ont vu le jour ici. Plus tard, certaines scènes de « retour vers le futur II » y ont été tournées et aujourd’hui, les publicistes s’arrachent l’endroit. La route autorise quelques belles vues d’ensemble mais, renseignements pris, nombre de cathédrales géologiques cachés nécessitent guide et 4x4 pour y accéder.

A une soixantaine de kilomètres avant, en fin de journée, un long bourg échevelé, sans âme nous retient pour quelques courses courantes. Cent pour cent indien Navajo, poussière, carcasses rouillées, chevaux et maigre bétail divaguent sur la route secondaire. Au sortir de la banque, un autochtone ivre, puis plus tard, c’est un second qui vient nous quémander quelques dollars. Il était prévu de bivouaquer ici pour la nuit pour se présenter le matin à Monument Valley. Malgré deux stations services ouvertes en 24/24, un vague sentiment de « je ne sais quoi » flotte dans l’air…
… Insécurité ?...
… Non, non, mais…
…si, si, quand même un petit peu…
 … élément confirmé par la lecture détaillée par l’équipière du guide du Routard qui précise que l’endroit reste déconseillé aux « routardes sac à dos seules ». Oisiveté, chômage, alcool et drogue dispensent leurs ravages dans ces communautés indiennes, ici, plus qu’ailleurs, paraîtrait-il…
Bientôt vingt heures, pas très motivé pour reprendre la route à cette heure et trouver quoi ?...
…la raison l’emportera, Franky va allonger la foulée pour joindre directement Monument Valley, un camping sécurisé est signalé à proximité. Site de renommé planétaire, à cette heure tardive, nous prions pour ne pas se trouver face à un panonceau « FULL » (complet) à l’arrivée.
Au final, nous voici installés dans un cadre extraordinaire, un véritable cirque pyrénéen d’un orange vif et profond juste ouvert sur l’horizon des premières formations géologiques du site. Le couchant embrase notre écrin, un des plus beaux campings du voyage.




 


                                                                             
                                      Monument Valley          
                En matinée, nous débutons la découverte de l’endroit. Comme prévu, nous nous rapprochons d’un guide local qui, pour réaliser les meilleures photos propose de nous conduire en 4x4 en fin d’après midi. Embarqué dans une belle petite « jeep » jaune canari, notre Navajo aura la conduite prudente et précautionneuse. Juste quelques mots de français pour aider la compréhension des commentaires. Passé les premiers « spots », on se rend vite compte qu’il nous accorde le privilège de nous enfoncer découvrir le maximum de cet endroit unique. A chaque minute, nos fantasmes de gamins nous gagnent  imaginant diligences, Cheyennes et voleurs de bétail surgir à la croisée de chaque défilé. Quelques chevaux en semi liberté apportent leur note d’authenticité. Plus loin, entre ces aiguilles minérales, ce sont quelques dunes pastel au sable vierge juste modelé par les vents d’ouest qui adoucissent la sauvagerie de ces reliefs indomptés. Une source claire, certaines grottes, des pétroglyphes attestent d’un très vieil habitat humain dans cette région. Durant plusieurs heures, nous sillonnons ce dédale de blocs monumentaux, mastodontes pour certains, filiformes et délicats pour d’autres, s’arrêtant à chaque points stratégique, une belle découverte à bien ranger encore au ban des souvenirs.



  
  
                                     Tu m’as dit…        western ? 
 
               Il existe même de la douceur à Monument Valley…  (voir la source claire)


   
                                    Il y a bien un passé en Amérique…         
                Deuxième semaine de juin déjà, il est temps de bientôt s’orienter vers l’Est. Louisiane, Mississippi  et peut être Floride sont inscrits au programme pour autant que la forme de l’équipage le permette. Traverser le continent pour des « voyageurs flâneurs » demande du temps. Cependant, à une ou deux journées de route demeure encore un site classé à ne pas négliger. Le canyon de Mesa Verde. Moins riche en couleur mais il recèlerait des traces archéologiques intéressantes. Les tribus nomades Anasazi, lointains ancêtres des indiens,  au début de notre ère s’y sont sédentarisés pour développer plus tard un art de vivre et une architecture assez unique pour l’époque. D’importants vestiges bien conservés en témoignent  encore aujourd’hui. Géographiquement peu éloigné de Walnut Canyon et des indiens Sinagua (souviens-toi, prés de Flagstaff), une similitude des principes de construction est flagrante. Utilisant également les failles horizontales des falaises, la Anasazi ont développé ici d’étonnantes constructions sur parfois plusieurs étages. De belles vues sont visibles de la route depuis le haut du canyon. Un sentier confortable autorise la descente, puis l’accès à un bel ensemble d’anciennes habitations. On reconnait bien les salles cérémoniales de forme circulaire, l’une d’elle reconstituée démontre l’ingéniosité de la toiture en voute. Curieusement, pas de portes dans ces maisons, l’accès se faisant exclusivement par une ouverture et une échelle au travers des toits.
   
             


                                       Les habitations Anasazi à Mesa Verde           


   
                                         Fleurs libres à Mesa Verde   
 
        Nous prenons bonne note que Mesa Verde parachève la longue liste de ces merveilleux parcs nationaux du grand Ouest Américain inscrits sur tous les guides et si bien présentés dans les reportages télévisés, sur le « Web » et autres « beaux livres » de nos rayons culturels préférés. Pleinement satisfait de les avoir tous découverts de visu à notre rythme et ainsi en jouir pleinement depuis trois saisons. C’est plus quarante cinq milles kilomètres, quinze mille photos, et des heures de vidéo qui vont nous rester pour mémoire sur cette première partie de notre projet.
Dés lors, avant de poursuivre, une pause à la ville voisine de Cortez nous permet une mise à jour dans les tâches journalières diverses et le courrier. Notamment la suite de notre dossier de remboursement des frais médicaux de Françoise. L’hôpital de Flagstaff nous avait remis un dossier médical de plusieurs pages en anglais. Notre assurance en exige aujourd’hui une traduction. La consultation du visitor center ne nous apporte rien. Françoise insiste pour que nous allions demander à la bibliothèque municipale. Bonne pioche. Les deux réceptionnistes s’acharnent au téléphone sans trop de succès pour finir par joindre Roberta. Roberta, élégante et distinguée accompagnée de son mari et petit fils arrivent bientôt en voiture. Elle s’informe du problème et va passer une bonne heure à nos côtés afin de nous dégrossir au mieux l’ensemble du document. Super agréable, elle nous laisse ses coordonnées au cas où, nous remercions vivement chacun. Fort de la traduction des principaux éléments techniques, nous nous installons au parking d’un parc public voisin afin de parfaire le travail et reproduire une traduction parfaite grâce au concours complémentaire de « Google traduction ». Quelques jours plus tard, nous recevrons un courriel de Roberta demandant des nouvelles de Françoise. Nous saluons sincèrement Roberta et Smith qui comme beaucoup d’autres citoyens américains qui, désintéressés, nous ont aidé spontanément durant notre périple aux USA.
La veille, une info succincte nous avisait de l’organisation d’un rodéo à Cortez. Ainsi, Franky se voit installé aux cotés des camions, caravanes et remorques des éleveurs dans l’enceinte du stade. Caméscope et appareils en batterie, nous passons la soirée mêlés aux spectateurs et à leur enthousiasme. Notre voisine, cheveux argent bien mis, « santiags » bleu et complet jean brodé, à l’excitation plus que débordante, accompagnée des autres participants vont s’acharner à taper des pieds avec vigueur manifestant ainsi satisfaction ou réprobation des concurrents. Il en deviendra impossible de filmer tant les estrades se mettent à vibrer à chaque épreuve. Pour la seconde fois, nous admirons la dextérité de ces cow-boys au maniement du lasso ainsi qu’à  la monte de chevaux et taureaux en furie. La jeunesse sera aussi de la fête ; entre deux épreuves, disciplinés, garçons et filles d’une huitaine d’années feront leur rodéo sur…des manches à balai équipés de têtes de chevaux multicolores. Pour quelques années de plus, tenues de cow-boy de rigueur, gamins et gamines ont le privilège de monter… un mouton ! Le clown de service animera la soirée. Motocycliste acrobate à ses heures, il se permet, après moult péripéties de bluffer l’assistance avec un saut à moto d’un énorme pick up et sa remorque.
  

                                          Relève assurée chez les cow-boys ! 
 
  

     
                                        Rodéo à Cortez 

                           Quand le clown de service surprend…

 
<   Page précédente