SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

C’est en quittant le cours principal pour quelques bras morts plus ou moins envahis par la végétation tropicale que l’inattendu survient. A notre connaissance, ce n’est qu’en Amazonie profonde que sont observées ces curieuses plantes aquatiques géantes. Tout le cours d’eau est recouvert de ces immenses « plateaux à tarte »  que sont les feuilles des nénuphars Victoria. Devant notre enthousiasme, notre indien de service jubile de nous voir si heureux devant cette découverte. Il est à noter que dans notre imaginaire, les nénuphars géants Victoria étaient  une des raisons (parmi d’autres tout de même) d’essayer de pénétrer l’Amazonie. Inutile de préciser que le Canon va crépiter. Il est dit que la spectaculaire résistance des feuilles de Victoria est suffisante pour supporter le poids d’un enfant. Aujourd’hui, nous avons la chance d’y observer également quelques fleurs tout aussi géantes. Nous demeurons un long moment à cet endroit et retiendrons certainement une nouvelle et belle  image de ce fleuve Paraguay quasi inconnu pour beaucoup d’entre nous.

 

 

 
                                      Les nénuphars Victoria

  
                                 En lancha avec notre guide guarani

Retour rapide à l’embarcadère où nombre de grand bateaux fluviaux attendent la fin de cette saison des pluies pour reprendre du service. Nous apprendrons que certains pénètrent largement dans le Pantanal nord par voie fluviale…
… un espoir renaît…
…le gérant de l’hôtel San Lucas connaît un propriétaire…
…on repasse en ville afin de parlementer avec le pilote qui serait disponible…
… rendez-vous est pris le soir même pour convenir d’un projet. Malheureusement, le propriétaire confirme qu’en janvier, tous les grands bateaux sont désarmés et sans équipage. Il nous propose un bon plan pour observer des jaguars…
…en septembre !!!
…on remercie et rangeons sa carte de visite.  
                Il n’empêche que l’équipière est soucieuse. Par une route secondaire détournée, à une soixantaine de kilomètres se profile la frontière bolivienne qui devrait peut-être nous permettre de renouveler notre visa brésilien. Or, les conversations diverses avec les locaux ne vont guère dans le bon sens. Poste isolé en forêt, routes en terre côté bolivien, le passage rêvé des narcotrafiquants, flics ripoux et douaniers corrompus, font qu’une réflexion s’impose.
Il est évident que les quelques semaines encore disponibles ne nous permettent pas de découvrir par voie fluviale l’Amazonie telle que prévu. Pour renouveler éventuellement, il nous faut absolument le faire avec le véhicule car, imagine, on sort du pays en bateau ou avion local et le renouvellement nous est refusé !...
… Franky d’un côté…
…nous d’un autre…
…mauvais plan.
Seule hypothèse, redescendre environs mille cinq cent kilomètres vers le sud-ouest à travers maïs, soja et canne à sucre pour tenter notre chance au Paraguay. Pas super motivés pour perdre ainsi autant en latitude par un secteur sans intérêt en étant si proche du but. Enfin tout est relatif, la seule ville (Porto Velho)  possible pour laisser Franky quelques semaines durant notre escapade demandait encore mille six cent kilomètres vers le nord. 
 
               Sur la route de Brasilia
 
Donc, pour éviter une partie de ce parcours lassant, il est décidé de passer par Brasilia, capitale administrative du pays.
Brasilia, chacun, en particulier les moins jeunes, a plus ou moins sa petite idée sur le sujet…
… création, aux environs de 1960, projet pharaonique complétement utopique d’un chef d’état visionnaire ou mégalomane et de quelques architectes style « Le Corbusier » bien en vue notamment un certain Oscar Niemeyer jeune à l’époque mais déjà connu pour ses excentricités. L’idée, décongestionner la côte, Rio de Janeiro et Sao Paulo pour dynamiser le centre du pays et rééquilibrer  population, emploi, richesse, etc...
…Ok, mais derrière cette belle idée, il faut bien noter que pour mener à bien ce chantier titanesque au milieu de nulle part, qui va générer des dettes colossales ressenties encore aujourd’hui et des conditions de travail proche de l’esclavagisme, l’idée peut être discutable . Il est intéressant de lire un peu l’histoire de cette « aventure plus ou moins heureuse » contemporaine à notre génération de sexagénaires et voisines. Pour les plus curieux, il est intéressant d’aller  voir brièvement sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Brasilia
Bref, voyons donc cette capitale brésilienne hors du commun.
Stationnement sécurisé proche en arrière d’une auberge de jeunesse, un bus nous conduit en « ville ». Drôle de ville où les rues immenses ressemblent plus à des autoroutes tracées à la campagne où espaces verts l’emportent sur l’urbanisation qu’en fait tu te demandes où habitent les gens. Concernant ce centre-ville à la campagne, tu es vite dans l’ambiance architecturale de Brasilia, d’ailleurs, n’y va pas pour voir autre chose. A pied, tu ne fais rien, donc l’idéal reste le bus touristique qui te fait voir et décrit chaque édifice. Nous retiendrons les plus notoires parmi lesquels, la cathédrale en dentelle de béton allégée par ses vitraux superbes, le pont futuriste répondant au nom de : « ponte JK » qui enjambe un immense lac creusé pour l’occasion sur quarante kilomètres, c’est dire le délire ! Aussi ce musée en demi sphère et son anneau en rappel à Saturne et deux tours jumelles flanquée d’un bol géant à l’endroit c’est la chambre des députés l’autre à l’envers pour le sénat ou bien encore ce théâtre en forme de pyramide Aztèque. Il va sans dire que bien d’autres édifices affichent leur lot d’originalité. Autant admiré que décrié, nous nous satisfont de cet ensemble de curiosités architecturales assez unique au monde. Notons qu’à l’approche de certains, faute d’un entretien suffisant, un léger ressenti de vieux moderne se perçoit. Un peu dommage, pollution, salissures du temps, peintures défraichies, lichens et mauvaises herbes devraient être nettoyées avec plus d’assiduité. Le ciel d’ardoise n’arrange pas l’affaire, pas le choix, nous sommes à la mauvaise saison.
 


                          Les anneaux de Saturne pour un musée

 

  
                       La cathédrale son clocher, son baptistère


                                    Théâtre (pyramide Maya)  




                                           Quelques édifices notoires