SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

 BRESIL le 08 11 2014



Sous-titre :
Ce mois-ci, n’en déplaise aux amateurs de sensations fortes, pas de découvertes extraordinaires, pas de grands espaces ni d’aventures singulières, seulement un petit break pour monture et équipage bancals !

       Le vendredi huit novembre, Franky s’approche lentement de la frontière de cet immense pays qu’est le Brésil. Non sans s’être fait une dernière toilette matinale au camping de Chuy, ville frontalière. Malgré une trentaine de pays traversés depuis nos pérégrinations,  en pareils cas, ma poulette est toujours extrêmement tendue. De plus, à la lecture d’un ancien récit de prédécesseurs, il est dit que  fruits, légumes et produits laitiers sont confisqués par la douane, or nous avons rempli le frigo il y a deux jours. Mon petit côté optimiste me disait qu’aujourd’hui, il n’en n’est plus question ; d’ailleurs, n’étions-nous pas entrés au Brésil quelques temps en janvier dernier  dans le secteur d’Iguaçu sans subir cette contrainte ? Principe de précaution disons-nous aujourd’hui. Avant le départ, elle s’attelle à une ratatouille, salade fruits et autre préparations, sachant que tout ce qui est cuit, voir épluché ne pose plus problème. Yaourts, beurre et autres se glisseront pour quelques heures dans des boites à chaussures en dessous du lit ou encore derrière  les piles de serviettes.
Au poste d’immigration uruguayen, un préposé  venimeux exige un document d’importation temporaire de Franky. Il nous expédie aux douaniers voisins pour établir un document d’entrée afin de pouvoir sortir !!!
Nous lui expliquons qu’à l’entrée dans le pays, malgré notre demande on nous en avait affirmé l’inutilité. Inutilité à nouveau confirmé par le responsable des douanes locales. Retour au venimeux  qui nous fait tamponner nos passeports sans autres remarques. Au poste brésilien, aucune formalité pour Franky hormis un simple contrôle visuel de notre titre de propriété par une souriante et élégante femme  coiffée Marylin. A l’immigration, les précieux tampons sont apposés en quelques secondes. Trois mois nous sont seulement accordés mais renouvelables par la police fédérale le moment venu.


Dans la prairie

Comme d’habitude, à petites foulées, le paysage défile lentement, petit arrêt à la vue de superbes broméliacées dans la prairie. Bonne période pour la floraison, quelques clichés avant d’atteindre une immense zone humide ou foisonnent les capibaras dont de nombreux cadavres gisent sur la route. Cigognes communes, cigognes noires, quelques ibis noirs et de jolis cygnes distraient l’équipage un moment.

 
             Ibis noir                                                     Cigogne noire
 
En fin d’après-midi, une belle escale en bord de mer à Capao de Canoa à l’écart du centre pour une nuit paisible. Petite station balnéaire, l’activité débute au centre et sur l’immense plage de sable fin. Notre premier but est d’atteindre l’ile de Florianopolis. Côtière, reliée par un pont, la côte nord dévouée au tourisme de masse, on oublie. Non sans quelques difficultés dans une circulation dense, nous recherchons plus de calme vers le centre où un camping est mentionné à l’intérieur d’une grande zone protégée. Tenu par quelques jeunes écolos, le camping Rio Vermelho , véritable havre de paix nous séduit d’entrée de jeux. Dense pinède, chants d’oiseaux, épiphytes aux vieux troncs, juste deux ou trois tentes au loin, nous choisissons avec soins notre emplacement afin d’y faire une petite pause.


                                 Epiphytes au camping Vermelho
C’est déjà plus de deux milles kilomètres depuis le départ, ici, au Brésil, les distances sont énormes. La plage du « Mozambique » (que vient-il faire ici celui-là !) est à dix minutes de marche par un sentier à travers la forêt. Plage immense, sable blond, quelques âmes se devinent au loin vers le nord en avant de ce qui semble être un hameau. C’est au retour, au fond de la pinède du camping que des cris d’oiseaux retiennent notre attention. A bien y regarder, plusieurs couples de volatiles d’un bleu intense s’ébattent dans les cimes. Sans en connaître l’espèce, nous les remarquerons à plusieurs reprises, brindilles au bec,  très occupés, à bâtir leur nid.
 
                                 Plage déserte mais sentier mal fréquenté !


                                       L’hôte de ces bois…

 Le lendemain, par la grande plage, vers le nord, nous gagnons ce village pour y découvrir le charme désuet d’un Brésil profond. Pêcheurs de crevettes, pontons de bois sur la petite rivière côtière et maisonnettes colorées. Nous y croisons quelques hérons et aigrettes peu ordinaires. En fait, quartier de Bara da Lagoa, petite citée agréable où, en arrière-plan, quelques coquets commerces exercent et bien des « poussadas » s’égrainent. (Terme local désignant hôtels ou maisons d’hôte). La saison estivale, de décembre à février, s’approche, ainsi, chacun s’active pour recevoir les visiteurs brésiliens notamment de Sao-Paulo la mégapole  à un petit millier de kilomètre au nord-ouest.

                                          Pêcheurs à Bara da Lagoa

 
                                                    Rencontres

De retour à notre camping « écolo » nous tentons une approche de la lagune voisine. Niveau bas, marécages infranchissables moustiques et mouches jaunes voraces quasi insensibles au répulsif, végétation quelconque, nous rebroussons chemin pour constater qu’autour du lieu, aucun autre sentier n’offre d’opportunités d’exploration. C’est le bus local qui nous mènera à Lagoa, la cité voisine pour quelques courses et pour tenter la gastronomie locale. Ici, c’est la « séquencia da camarào » qui prédomine, traduit le « menu crevettes ». Seule activité du lieu, tous les restos de la rambla n’affichent rien d’autre que cela. Nous ne serons pas déçus de l’expérience, ce sont quatre délicieux plats de crevettes différents, cuits dans l’instant, suivi d’un filet de poisson plus commun qui vont défiler, garniture comprise. On ne regrette rien et marchons un peu. A quelques pas, une « sorbeteria » nous invite à clore par une bonne glace. Alors, ici, c’est toi qui te fais tes boules avec ta louche dans la collection de parfums disponible et tu payes…
…au poids…
…gare aux goinfres !
Nous observerons que le principe s’applique également dans les petits restos locaux. Comme à la cafet’, tu te sers ton menu et tu passes à la balance. 
Nous poursuivrons par une petite balade digestive, durant laquelle nous découvrons un autre camping en arrière d’une poussada bien rénovée. Il est ainsi décidé de changer de camp demain matin.
Bien équipé et plus proche des facilités diverses, quelques camping-car brésiliens nous accueilleront avec sympathie. Dès l’après-midi, petite reconnaissance pédestre des lieux manière de reprendre tant bien que mal un peu d’entrainement. Nuit calme et matinée occupée par la lessive et la mise à jour du présent site ainsi que du courrier habituel. Véhicule ombragé, bien calé et en sécurité, circulation digne d’un Argelès aoutien, il est vite décider que pour visiter cette ile au mieux, une petite voiture de location à prix doux serait sympa.

 
                      Camping de Lagoa                                       Glaces au poids
                Clopin-clopant, (chacun toujours un peu souffreteux) nous parcourons la cité sans succès. Nous sommes samedi après-midi et les quatre agences sont closes. Curieusement, ce sera le dimanche matin qu’une petite échoppe nous louera la même « Chevrolette » qu’à Punta del Este. Toutefois en modèle hyper basique et déjà en retour d’âge. On oublie autoradio, clim, vitres électriques et autres accessoires modernes parfois aussi couteux que non indispensables.
                L’idée du jour : visiter le sud de l’ile moins fréquenté, aux villages de pêcheurs de crevettes et ostréicoles. Riberao da Ilha en est l’exemple. Agrippé au pied du relief, galon de sable doux, terrasses ombragées, Les modestes maisonnettes multicolores soulignent l’origine açorienne des descendants de l’époque de l’esclavage pas si lointaine. Quelques bâtisses cossues, rénovées de cette époque coloniale s’imposent, administration, hôtel de charme ou demeures de familles. Sous les figuiers, pieds dans le sable, tables et chaises « Coca-Cola » nous partageons quelques instants avec plusieurs autochtones venu passer leur ordinaire  de ce dimanche après-midi. Souriant et fier de recevoir des français, le jeune mulâtre nous sert une assiette de crevettes grillées et deux verres d’agualimon. Le limon, petit citron vert accompagne tous les plats du Brésil. Nous poursuivrons la petite route jusqu’à la pointe sud, le retour finira à l’approche de la ville par la queue leu leu du dimanche soir.
Franky lui aussi un peu souffreteux, nous trouvons que ses fiers étalons se contentent d’un petit trot tranquille et rechignent à galoper lorsqu’on leur demande. Nous nous rendons au concessionnaire Cummins à la ville voisine. Bien reçu, un responsable prend bonne note de notre requête, nous présente son établissement, visite des divers ateliers, (générateurs, maritime et automobiles) et nous partagerons le repas des cadres de la maison. Pompe à gasoil non disponible, nous rentrons au camping de Lagoa, ils viendront nous la changer dés réception.    
C’est par une matinée ordinaire que se présente Carlito et Rosane, jeune couple brésilien rencontré en janvier dernier à Salta en Argentine. Super sympas, camping-caristes fervents, nous avions fait rapidement connaissance puis nos routes se sont séparées. Aujourd’hui, par le plus grand des hasards, ils viennent passer quelques jour à ce camping tout en accompagnant la maman qui doit subir un traitement de radiothérapie à l’hôpital de Florianópolis tout proche. D’une extrême gentillesse, les retrouvailles seront touchantes. Invités à partager poissons grillés (bourrés d’arrêtes !) et plus tard poulet, churascos et diverses spécialités locales cuites au tournebroche installé sur glissières à l’arrière du véhicule de Carlito. Adhérant d’un club de motor-homes brésiliens, nous serons présentés à tous les amis de passage. Plusieurs soirées vont ainsi se succéder animées par notre ami, talentueux guitariste et chanteur.


 
Avec Rosanie, Carlito, Sonia, Vicente, Renato et les autres !
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