SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue




DESAGUADERO (Frontiére PEROU / BOLIVIE), le 05 12 2013

                                    Le capharnaüm de la frontière bolivienne 

Petite cité ordinaire au sud du lac Titicaca, frontalière avec la Bolivie, Desaguadero avait retenu notre attention afin d’y trouver  un agent d’assurance bolivien pour le véhicule. Entrée de ville encombrée de centaines de camions, c’est chose courante aux frontières, mais ici, une nuée de tricycles déchargent les tonnes de marchandises pour les conduire de l’autre côté de la ville et les recharger dans des véhicules boliviens. On n’a pas tout compris dans cette fastidieuse démarche. Deux bonnes heures durant nous avons donc observé ce manège le temps que notre dossier soit vérifié du fait de la prolongation de stationnement demandée à Cusco. De chef en chef, notre liasse finit par recevoir les tampons miraculeux nous ouvrant les portes de la Bolivie.
 


Transfert des marchandises à la frontière 

Renseignements pris, aucun agent d’assurance n’existe en ville. Prière de s’adresser à LA PAZ. Anxieux, c’est sans assurance que nous parcourons la centaine de kilomètres nous séparant de la capitale. Vu la situation, pour éviter le centre-ville, on se dirige vers un bivouac connu à l’aéroport. Altitude, quatre mille cinquante mètres, La Paz est la capitale la plus haute du monde. Acclimatés, le mal des montagnes nous épargnera pour ces quelques jours. Un taxi nous mènera  au bureau central de la compagnie d’assurance SOAT. Un contrat intéressant sera vite conclu pour ce nouveau pays ainsi que pour tous les pays limitrophes, Argentine, Brésil, Paraguay et Chili. A nous donc l’aventure. Sollicités aussi par nos amis David et Orlane qui se trouvaient au Brésil avec leur contrat échu et dans l’impossibilité de renouveler par internet, nous leur renouvellerons sur place au vu des documents et procuration qu’ils nous avaient adressés.  Bon petit resto dans une ancienne demeure coloniale, nous découvrons sommairement la grande ville. Bus ancestraux, quelques façades modernes au décor assez curieux et quartier historique meublent la journée.
 
Les bus à LA PAZ
 
  
Architecture coloniale LA PAZ

 
La vie à LA PAZ

Déjà « pas très grandes ville », il nous tarde de faire route vers Santa Cruz où existerait un atelier capable de nous fabriquer un pare-brise sur mesure à prix « canon ». Le nôtre ayant eu le côté droit explosé au Panama lors du transport en cargo. Située en limite du bassin amazonien, la route va traverser de profondes vallées et hautes cimes en diagonale de la Cordillère des Andes. Principalement fréquentée par de nombreux camions toujours en surcharge, la première journée va s’avérer fastidieuse. Route souvent défoncée, épingles à cheveux où des galets de rivière remplacent le macadam, poids lourds en panne à répétition et pourcentages impressionnants. Fin de journée, nous faisons étape en banlieue de Cochabamba au pied d’un téléphérique menant au christ géant genre Rio de Janeiro. Bien noter que la traversée de la ville sera épique pour cause de marché particulièrement vivant. Les rétros vont souvent flirter avec les parasols des étals.
 
           Orchidées libres en bord de route

 
                                            Sur les galets                  On passe où svp ?

 Le lendemain, revenus en moyenne altitude, sous la pluie, le versant amazonien nous offre une palette d’orchidées diverses. Arrêts à répétitions pour cause de clichés indispensables. Dans les camions, les chargements de bananes plantains se font plus nombreux, les moustiques aussi. Meilleure route, nous voici bientôt à la société Vidcla capable paraît-il de faire des miracles en termes de pare-brise…
…attendons de voir…
…munis des quelques emails imprimés échangés les semaines passées, le responsable confirme bien les conditions requises. Deux cent quatre-vingt dollars et trois jours de délai. Une bonne affaire à priori. Nous sommes guidés jusqu’aux ateliers en pleine campagne. Bien compris que rester à bord durant les trois jours n’était pas très bien vu. L’éloignement nous fait opter pour deux nuits d’hôtel au centre pour visiter la ville. L’établissement choisi dispose d’une piscine mais aussi de petites bêbêtes dans la chambre, la wifi brille par son absence, l’électricité fera défaut au petit matin et le pain sec du petit déjeuner nous feront changer d’adresse pour la prochaine nuit. Le « Missional hôtel »  nous satisfera davantage. Dès lors, visite de la ville, belle place centrale, nombreuses crèches grandeur nature et illuminations en vue des fêtes de Noël. Hébergés au centre, ambiance bon enfant, il nous est plus commode de jouir d’une soirée urbaine en toute sécurité. Santa-Cruz a malgré tout peu à offrir aux touristes. Les marchés « latinos » toujours hauts en couleurs, abondance de coca en vente libre, nous y passerons la matinée avant de rejoindre l’atelier Vidcla. On profite du temps libre pour me faire refaire mes nu-pieds à un petit cordonnier de rue et choisir un peu d’artisanat local. Poterie et sculpture sur bois sont les spécialités de l’endroit.
                                    A Santa Cruz

 Rendus à l’atelier,  on comprend vite que le travail est inachevé. Un peu compliqué nous dit le contremaître, on nous demande deux jours supplémentaires mais on aura vite compris qu’ils ont « oublié » de commencer le premier jour. Exclu de reprendre un hôtel, nous vivrons donc à bord. Le lendemain, un beau pare-brise tout chaud est présenté. Tout en chiquant chacun une énorme boule de feuilles de coca, les ouvriers nous précisent qu’il faut le repasser au four pour une parfaite adaptation. Il sera posé avec grand soin le lendemain. Au final, très bon travail, Franky à reprit fière allure.
  Pose du pare-brise sur mesure toujours avec la chique de coca 


                                     Vente de feuilles de coca   et petit cordonnier

Au marché, vente sauvage d’orchidées arrachées en forêt

Quelques courses en ville car on sait que plus loin, ça peut devenir difficile. Enfin, nous reprenons la route du sud jusqu’au soir, juste une ou deux haltes pour cause d’orchidées en fleurs dans les hautes branches d’un arbre géant solitaire. Belle image de ces « filles de l’air » accompagnées d’une broméliacée elle aussi en pleine floraison. Quelques nandous nous distraient encore un moment à quelques kilomètres de là. Poursuivons donc jusqu’où notre carte indique l’intersection d’une grande route en direction de Sucré afin de rejoindre bientôt l’immensité du Salar Uyuni.




                                     Orchidées et broméliacées libres


 
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