SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

SALTA  ARGENTINE  JANVIER 2014


Retour donc sur l’extrême nord de l’Argentine et stationnement au camping municipal de Salta. Nous y retrouvons avec plaisir Loup et Michèle amis belges en route vers le nord. L’immense piscine vidée pour entretien nous apporte calme et tranquillité. Néanmoins, période de grandes vacances scolaire, ici, nous sommes en été, nombre de campeurs argentins sont installés pour quelques temps ainsi que quelques suiveurs du fameux Dakar qui arrive demain. Une journée de repos pour les coureurs est prévue ici et leur bivouac est installé en périphérie de la ville. Entre deux travaux d’entretien et quelques heures de courrier en retard, ce sera la distraction du moment. Si le premier jour est intéressant lors de l’arrivée des concurrents, autos spéciales, camions bizarres et quelques motos, le dimanche nous fera vite abandonner pour cause de foule excessive, véhicules parqués lointains et marchands du temple envahissants.  Il en ressortira que l’événement affiche une monstrueuse  organisation, des budgets pharaoniques, un véritable business  à l’américaine où « retours sur investissements » semblent être le premier chalenge.

 
 
                                               Le Dakar à Salta

                Les jours suivants, c’est les doigts dans la résine que je passe mes matinées. Lors de notre dernière sortie du camping, souviens toi, un arbre vicieux mal négocié à eu raison du pare choc arrière de Franky. Entièrement arraché sur un mètre, il s’est agi de refixer le morceau, l’aligner et le stratifier au mieux. Ensuite quelques passes de mastic de carrossier poncés et re-poncés, un voile de peinture et le résultat satisfait l’équipage.  Alternativement, c’est un repas agréable  en commun avec quelques équipages français de Land Rover autour d’un barbecue, puis l’anniversaire de Pierre concocté par sa compagne Virginie. Repas frugal, je fus un peu  gêné pour lui à la présentation du gâteau résumé par un unique petit biscuit sec surmonté d’une bougie !...
…. Pierre, si on se croise de nouveau sur la planète à ce même événement, Promis, On t’offre le gâteau !
 La veille du départ, suite à météo capricieuse, c’est sous le préau du camping qu’Alain et Nicole du blog « les duduland.canalblog.com » offre le repas d’adieux.


Ambiance entre voyageurs

 
  Enfin, nous quittons Salta à tour de rôle sauf Michèle et Loup retenus par quelques lessives et soucis informatiques. Départ différé d’une heure pour nous pour cause de disfonctionnement du marchepied électrique. Sanglé par sécurité, nous roulerons ainsi quelques jours. Les  « duduland » faisant la même route que nous, le hasard fera que nous les retrouverons à une station-service pour faire ensuite route commune vers le Paraguay. Cette immense  plaine au nord du Chaco argentin paraît un peu déshéritée, très peu habitée, partiellement inondée en cette saison, elle est juste dédiée à quelques rares estancias entre des marécages au nord et au sud. La seule ville notoire, Formosa, est à mille kilomètres.  A mi-chemin, lors d’un arrêt de midi, c’est là que Franky nous joue un petit tour…
…batteries moteurs vidées…
…impossible de redémarrer. Repas rapide et recherche de la cause. Il apparaît vite qu’un problème de charge en soit l’origine. Une recharge partielle avec la génératrice reste sans effet si l’alternateur ne prend pas le relai moteur en marche. Petite chance, l’événement se passe dans un modeste hameau qui doit comporter soixante habitants et un mécanicien de matériel agricole existe. Il va passer deux jours sous un soleil de plomb à démonter et remonter l’alternateur sans succès pour autant. Je remercie ici nos amis Alain et Nicole (les duduland) pour avoir patienté à nos côtés et nous sentir ainsi moins isolés. Ne leur restant que cinq jours sur leur visa argentin, à contre cœur, ils durent prendre la direction du Paraguay distant d’environs six cent kilomètres au matin du troisième jour afin de ne pas se trouver en infraction si un imprévu leur arrivait. Dès lors, nos batteries de la cellule permettant de démarrer le moteur, rapproché de l’atelier, notre mécanicien branche son chargeur et nous propose de rejoindre à quatre-vingt kilomètres le prochain bourg de Las Lomitas. Un électricien automobile, Marcello Ortega serait en mesure de régler l’affaire. Pas bien chaud pour tenter l’aventure hasardeuse, batteries regonflées  et couplées (les 2 moteurs et les 4 cellules) nous autorisèrent d’arriver jusqu’à la porte de Marcello et caler devant ! Samedi après-midi, seul le gardien nous recharge à nouveau nos batteries afin d’aller nous stationner pour le week-end. Route de terre sableuse, sa rue est intenable avec le vent qui lève des nuages de poussière d’enfer. Après un calage inopiné en plein carrefour, nous progressons encore quelques mètres afin de nous stationner au mieux. Face à un hôtel équipé d’un bon routeur WI FI, celui-ci nous donnera volontiers le code d’accès. Petit coup de pousse aussi par le pied d’un lampadaire public qui présente un prise électrique. Bonne aubaine, branchés pour cette nuit, lumière à volonté et recharge à nouveau. Seul problème, terre-plein central, samedi soir, la jeunesse locale va s’éclater jusqu’à sept heure du matin. Ce seront d’incessants  aller et retours d’une myriade de pétrolettes pétaradantes à droite et à gauche de notre home.  Les jeunes filles du coin doivent être sensibles aux lumières arc-en-ciel  fluo et aux décibels mécaniques ainsi déployés par ces grands gamins. A l’aube, quelques mètres en arrière, un petit kiosque rassemble les derniers éveillés où guitariste et jeunes chanteurs, vont entonner la chansonnette. Six heures trente, Françoise embrumée se persuade d’une sérénade à son attention… …il fait bon rêver !
Dimanche, sept heures, le lampadaire s’éteint, fini l’électricité. Nous rejoignons une proche station-service qui accepte de nous brancher jusqu‘au lendemain.
Lundi matin je rejoins le cabanon du sénior Ortega…
…personne…     
…un voisin précise que le lundi…
…c’est le lendemain du dimanche, notre Marcello, un peu fêtard n’est pas forcément opérationnel !...
… toutefois, il est sûrement à la carniceria  (boucherie) au coin de la deuxième rue après l’avenue X…
…pas gagné, moi je trouve…
…se présente un papy casquette américaine, vélo hors d’âge, souriant, il arrive dit-il. Dès lors, bien rechargé à la station on est prié d’approcher le véhicule de l’atelier, nous sommes pris en charge.
L’alternateur est mis en pièces, au fin fond d’un capharnaüm créé sans doute par l’arrière- grand père à la fin du XIX éme siècle. Terre battue, tu enjambes matériels défunts et accessoires vétustes,  les étagères vermoulues croulent sous les pièces de récup d’époque ornées des toiles d’araignées alourdies de la poussière du temps. Une 504 Peugeot n’en finit pas de son dernier voyage dans l’au-delà rongée par les ronces en compagnie de sa voisine, une ruine écroulée depuis des décennies. Notre papy teste consciencieusement les éléments un à un, va fouiner dans sa réserve de rotors, trouve le même, va jusqu’à tarauder le fond de notre appareil afin d’y fixer une meilleure vis de masse. Patiemment, point par point, il nettoie, avive les pièces et teste l’ensemble à plusieurs reprises. J’ai bien noté son adage : patience et longueur de temps valle plus que rage et que force ! Remonté, tout semble fonctionner. Nous nous gardons de prendre trop vite cette route aussi déserte qu’interminable et ferons quelques kilomètres dans le secteur manière de s’assurer que tout va bien.
Enfin, passé la monotonie de trois ou quatre cent kilomètres mi- savane, mi- parcs a bétail, un large fleuve puis c’est la république du Paraguay. Petit pays mal connu, à part une carte, nous ne sommes pas documentés. Quelques arbres bizarres quelques oiseaux et autres fourmilières rouge vif nous distraient un peu.
   
                 Arbres « Orangina » et fourmilières ou termitières ?

 

Les emblématiques gauchos

 La frontière se passera très bien avec des douaniers forts aimables (si, si, ça existe !), peu d’affluence…
…qui va passer ses vacances au Paraguay ? …
…personne ou si peu.

          
 

                                    

Un camping existe cependant de l’autre côté de la ville d’Ascuncion. Nous perdrons deux bonnes heures pour la franchir apprenant plus tard que c’est la capitale du pays, ignorants que nous sommes ! C’est nuit tombante que nous arrivons au camping désert et portail clôt. Un voisin téléphonera, la responsable arrive et nous précise qu’un véhicule français est présent. Ce sont nos amis Nicole et Alain qui émergent du noir. A nouveau en panne avec leur Land-Rover, il ont attendu vingt-quatre heures un hypothétique garagiste. Une piscine vaguement filtrée autorisera quelques réhydratations. Eau et électricité, Françoise se mettra à jour dans sa lessive pendant que j’interviendrai sur la durite percée du 4x4. Remis en état nous roulerons de concert jusqu’à la proche frontière du Brésil. Formalités assouplies, tampon d’entrée sur le passeport, aucune formalité pour le véhicule, une heure plus tard nous nous dirigeons vers la rive brésilienne des chutes d’Iguaçu.


 Immatriculation brésilienne

Au camping Paudimar, nombre de français sont présents, on s’installe sur un emplacement gravillonné, dans un bel environnement verdoyant, propre et parfaitement entretenu. Belle piscine, breakfast compris, eau potable, sanitaires irréprochables, on avait perdu ce confort depuis les USA, autant dire plusieurs années. Que voici une belle entrée en matière pour cet immense pays. A cette période, nous n’y ferons qu’une brève incursion juste pour la rive brésilienne des chutes d’Iguaçu car le grand sablier nous rappelle que les jours s’égrènent inéluctablement et l’Uruguay est encore aux environs  de mille cinq cent kilomètres vers le sud. Le brésil profond, si Dieu le veut, sera pour les six prochains mois lors de notre retour cet été. Petit handicap de la région, à peine familiarisé avec l’espagnol, ici, c’est le portugais et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, si certains mots se ressemblent, la prononciation n’a rien de commun. On ne capte pas la moindre bribe de conversation !
                Avant la visite, manière de meubler une après-midi, passage au parc des oiseaux. Pas fanatique des animaux en cages, loin de là, mais la renommée de cet établissement nous convainc. Volières immenses qui englobent forêt buissons et végétation luxuriante, les pensionnaires semblent bien logés. Nous y retrouvons toutefois une majorité d’espèces déjà vues dans la nature. 
 
     C’est facile… dans une volière ! 
  
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